QUELLE PLACE POUR LES ÉOLIENNES DANS LE MIX ÉNERGÉTIQUE FRANÇAIS ?
L'académie des sciences a publié en février 2022 un rapport sur la place des éoliennes dans le mix énergétique Français. Le résumé exécutif est le suivant:
L'urgence climatique impose de remplacer rapidement le recours aux combustibles fossiles,
fortement émetteurs de gaz à effet de serre, par d'autres modes de production d'énergie. Même
dans un contexte de sobriété énergétique, la décarbonation des transports et de la production
de chaleur nécessitera de faire une place bien plus grande à une électricité bas-carbone dans la
consommation énergétique totale. Ainsi, l'objectif de neutralité carbone fixé à l'horizon 2050
impose le recours à des sources d'énergie renouvelables et au nucléaire dans des proportions
qu'il convient de définir sans a priori idéologique mais en parfaite cohérence avec le contexte
énergétique de chaque pays, ses stratégies industrielles et ses contraintes géographiques,
économiques, sociales et écologiques. Le questionnement actuel sur la place des éoliennes
dans le mix électrique français a conduit les Académies des sciences, des beaux-arts et des
sciences morales et politiques de l'Institut de France à croiser leurs appréciations dans
l'objectif d'établir un état des lieux et de formuler des recommandations.
La France produit une électricité décarbonée à 92%, assurée majoritairement par le nucléaire
(71%), l'hydroélectricité (11%) et, dans une moindre mesure, par l'éolien (6%) et le
photovoltaïque (2%). Cette production nationale est insuffisante dès que les températures
hivernales sont basses et, sans vent, la France ne peut alors assurer ses besoins qu'en important
de l'électricité provenant de sources fossiles.
La production d'électricité éolienne et photovoltaïque se caractérise par une intermittence qui,
dans l'état actuel des capacités de stockage de l'électricité, empêche de s'affranchir des
combustibles fossiles. Ces derniers, quand ils sont importés, pèsent sur la balance commerciale
du pays et alourdissent sa dépendance énergétique.
L'implantation d'éoliennes terrestres et littorales se heurte à des résistances de plus en plus
grandes du fait des nuisances qu'elles occasionnent : bruits, dénaturation et défiguration des
paysages, perte de valeur patrimoniale des biens immobiliers ou d'attrait touristique des régions
concernées. Les éoliennes doivent être installées dans des territoires où le vent est en moyenne
suffisamment fort pour être efficace et suffisamment constant pour être utilisable. Cela conduit
à les construire en nombre et à les concentrer dans certaines régions, indépendamment des
besoins énergétiques locaux, accentuant ainsi un sentiment d'injustice territoriale. Ces zones
choisies sont le plus souvent également importantes pour la protection de la biodiversité car,
moins peuplées, elles abritent des espèces rares et parfois sensibles dans des milieux moins
perturbés par les actions humaines.
Pour faire face au changement climatique, l'état actuel des connaissances et des technologies
impose la mise en place d'un mix électrique bas-carbone nécessairement complexe,
combinant énergies renouvelables et nucléaire. Cette dernière devra continuer d'occuper
une part importante du mix énergétique car elle reste la principale source d'électricité
décarbonée non intermittente.
Le rapport complet de l'académie de science est disponible avec le lien suivant :

